Le Pétrole de 93 à 119 pour revenir à 98$ le baril. Une folle Journée

Le pétrole vient de réaliser un looping avec la crainte d'un enlisement de la guerre américaine face à l'Iran. La volatilité des marchés est extrême. Le baril de pétrole a grimpé à $119,87 à New York tôt ce matin pour ensuite retomber à $102 en 45 minutes après la proposition du G7 sur l'ouverture des vannes des réserves stratégiques. Le G7 propose de mettre entre 300 et 400 millions de barils sur les marchés. Rassuré, le Brent termine la journée à 98,87$ et à New York, le WTI à 94.87$.

La nomination du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba laisse à penser que la ligne dure du régime iranien va persister.

 

Lors du début de la guerre en Ukraine, le baril avait trouvé la limite de $128 alors que la Russie compte pour 10%des extractions pétrolières dans le monde. Ce matin, il est grimpé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire à presque 120$. Il s'est dégonflé en fin de journée, pour revenir à 96$.

Impossible de dire quel sera son prix d'ici à la fin de la semaine. Tant que le détroit d'Ormuz reste fermé, que les installations pétrolières sont ciblées et détruites, la volatilité du pétrole et du méthane est extrême. 

L'histoire montre qu'un baril à $100, détruit l'économie.  Si vous pensez que la géopolitique est mauvaise, regardez la géoéconomie. 

 

Prix du Brent à Londres, 2021 à ce jour

 

Donald Trump a indiqué qu'un baril de pétrole à $110 est le prix à payer pour voir s'effondrer l'Iran. Il faut espérer que Téhéran s'effondre très rapidement, sinon les secousses vont fortement perturber l'économie mondiale.

L'amateurisme de la Maison Blanche, qui a débuté une guerre mais qui n'a absolument aucun plan pour l'arrêter, est sidérante.  De son côté, Benjamin Netanyaou voit dans des destructions massives tant en Iran qu'au Liban, une opportunité de rester au pouvoir. Cependant, les coups portés par Israël restera longtemps gravés par les générations iraniennes et les pays Arabes. A court terme, c'est tout bonus pour Netanyaou, mais sur le long terme, Tel-Aviv en paiera les conséquences.

Une chose est évidente, les Etats-Unis ne gèrent plus cette situation et les gesticulations de Trump ne font qu'amplifier l'impression d'amateurisme et d'incompétence. Dans le rang Républicain, les voix s'élèvent car les sénateurs lisent les sondages.

Dans les coulisses, la Chine, la Russie et d'autres pays tentent de trouver des solutions.  C'est le moment de faire un tour à travers le monde sur les événements de ce jour.


Réserves pétrolières

Les ministres des Finances du G7 ont déclaré qu'ils vont "prendre les mesures nécessaires" mais sans accord. Lire le message de l'IEA.

Avec l'Agence Internationale de l'Energie, ils se demandent s'il ne faut pas ouvrir les vannes des réserves stratégiques des pays afin de calmer les marchés. Il y aurait 1,24 milliards de barils dans les stocks publics et 600 millions dans l'industrie.  Les membres du G7 n'ont pas une absolue confiance que cette guerre sera très courte. 

 

Kérosène et Diesel

Le prix du kérosène à Singapour a bondi de 140% pour atteindre $230 le baril. De son côté, le kérosène européen s'échangeait à près du double du prix du brut. Le kérosène nécessite un pétrole brut de qualité qui provient, en partie, des pays du Moyen-Orient. Ce prix indique de solides pénuries d'approvisionnement à travers le monde.

Idem pour le diesel, qui est raffiné avec un pétrole d'excellente qualité. La pénurie mondiale de diesel, bien antérieure à la guerre, pousse les prix à la hausse dans quasiment le monde entier. 

 

Iran

Un remplaçant de Khamenei a été trouvé : son fils. Netanyaou annonce qu'il va tout faire pour le tuer. 

Des raffineries ont été touchées par des bombes d'Israël et des Etats-Unis.

Les stations d'essence sont également ciblées par les bombes israéliennes et américaines. 

 

 

Etats-Unis

Trump a ouvert l'idée d'envoyer des soldats pour notamment saisir "l'uranium enrichi." L'argument "des armes de destructions massives" semble toujours fonctionner.

Les conditions économiques américaines s'assombrissent. L'essence a augmenté de 50 cents les 3,8 litres (galon) pour atteindre 3,48$. L'inflation va regrimper et la bourse tousse. Le Dow Jones a perdu 6% durant les 30 derniers jours.

La fin de la guerre n'est pas une question de drones ou de missiles, mais de chaînes d'approvisionnement (pétrole, pétrochimie, engrais, etc), d'inflation, d'élections de mi-mandat et des marchés boursiers américains.

 

 

Israël

Lorganisation Human Rights Watch accuse Israël d'utiliser du phosphore blanc sur des zones résidentielles peuplées.

Les installations gazières sur les côtes ont été mises à l'arrêt.

 

Arabie Saoudite

Quatres drones, qui se dirigeaient vers les champs pétroliers de Shaybah, ont été détruits. 

 

Vietnam

Le Vietnam supprime les exportations de pétrole et des produits pétroliers pour assurer un approvisionnement suffisant en carburant pour son économie et ses industries.

 

Emirats Arabes Unis

Des débris de missiles sont tombés sur la raffinerie de Fujairah, l'un des sept raffineries du pays. Un incendie s'est déclaré sans faire de blessés.

 

Inde

Après avoir reçu l'accord de Trump, l'Inde peut de nouveau commander du pétrole à la Russie. On parle de 20 à 30 millions de barils.

Cependant, la Chine entre en concurrence avec l'Inde pour acheter le pétrole Russe bon marché.

Les réserves pétrolières stratégiques indiennes couvrent 8 semaines de consommation.

 

Chine

Pékin a offert ses services pour trouver un moyen de désescalader le conflit. Zhai Jun a rencontré ses collègues en Arabie Saoudite. L'Iran et l'Arabie Saoudite font partie des BRICS.

 

Corée du Sud

Le président propose de fixer un prix maximum pour la vente de carburants dans le pays. 

Dans de nombreux pays d'Asie dont la Chine, l'essence est vendue à prix fixe. La différence (plus ou moins) est pour le gouvernement. 

 

Bahrain

Une frappe iranienne a provoqué un incendie dans la raffinerie à Al-Maameer appartenant à Babco, la compagnie pétrolière nationale. Baco a notifié un cas "de force majeur" qui la protège de pénalités vis-à-vis de ses clients. 

Une usine de dessalement de l'eau a été endommagée par un missile iranien. 

 

Europe : les prix dans les stations d'essence en question

L'Europe est dans l'oeil du cyclone déjà qu'elle assume acheter du gaz-méthane très cher aux USA. Mais dans plusieurs pays, on se soucie des marges des pétroliers. 

Vous l'avez tous remarqué. Les stations d'essence augmentent très rapidement les prix alors que l'inverse prend nettement plus de temps. Tu comprends, il faut d'abord vider les citernes.

Ce phénomène a été étudié par la Commission Européenne sous le doux nom de : La Fusée et la Plume  (Rocket and Feather). L'image est belle. La hausse des prix est immédiate comme une fusée. La baisse des prix tombe lentement comme une plume. Il est particulièrement présent dans les cas de cartel et d'entente sur les prix. Pour le pétrole, la fusée monte en 3 jours et descend en 10 jours en moyenne.

La France va contrôler les prix sur 500 stations (sur les 10'000) et au final, rien ne va se passer. Les pétroliers possèdent une puissance financière très importante et la corruption fait partie de l'histoire du pétrole. 

 

 

Lire l'article d'hier avec également un tour du monde

Fermeture d’Ormuz, le pétrole grimpe à $93

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