Le pétrole grimpe à 79$, mais redescend déjà

La rencontre entre les pays de l'OPEP+, ce dimanche aura donné le ton, au niveau du pétrole. Pas de panique, même si Israël et les Etats-Unis ont attaqué l'Iran et décapité le gouvernement.

L'OPEP pense que les prix vont grimper de 5 à 15%, ce qui est une excellente nouvelle pour leurs budgets. Fondamentalement les marchés pétroliers sont actuellement bien alimentés. Il n'y a aucune panique à avoir. Sur les marchés, les prix du baril ont grimpé à $79 pour redescendre.

 

Le Diesel comme indicateur avancé

Le Detroit d'Hormuz voit passer chaque jour 20 millions de barils, soit 20% de la demande mondiale.

Cependant, ce flux pétrolier est primordial. Ce brut est d'excellente qualité. Il permet de raffiner du diesel et du kérosène contrairement au schiste américain qui ne peut générer que du plastique, de la pétrochimie ou de l'essence. 

Si le détroit d'Hormuz devait fermer sur période de 3-4 semaines, les pénuries toucheraient d'abord le diesel. Il a grimpé de 17% ce jour. Le diesel est l'indicateur avancé, qu'il faut surveiller comme le lait sur le feu.

Le Détroit voit également passer 20% du Gaz-méthane liquide (GNL), majoritairement en provenance du Qatar.

Les stocks européens de gaz sont remplis entre 30 et 40%. Il reste 30 à 45 jours d'hiver ce qui sera suffisant.

Ainsi, il n'y a pas d'urgence à acheter le marché, d'autant que les importateurs bénéficient de prix fixes pour l'hiver et ne sont pas touchés par cette hausse. Le Qatar ne représente que le 7% du GNL utilisé en Europe. Il reste également l'option Russe pour accéder au méthane, mais Bruxelles ne veut plus en entendre parler. 


OPEP : la force tranquille 

Dans ses décisions, l'OPEP va extraire 206'000 barils de plus par jour dès le mois d'avril. Une goutte d'eau mais le signal est clair. Pas de panique.

De très nombreux tankers pétroliers sillonnent les océans à la recherche d'acquéreurs. A elle-seule, la Russie aurait plus de 200'000 millions de barils stockés sur les mers. Cette option permettrait à Moscou de liquider une partie de ses stocks. 

 

Les Réserves Stratégiques pour amortir le choc pour les prochains jours

La Chine et les USA peuvent compter sur leurs réserves stratégiques afin d'amortir une disruption de pétrole sur les marchés.

La réserve stratégique de pétrole (SPR) des États-Unis contient actuellement environ 415 millions de barils de brut sur une capacité totale de 714 millions de barils. Le pays pourrait tenir plus de 20 jours uniquement sur ses réserves.

La Chine a accumulé pendant près d'un an des stocks de pétrole brut notamment avec "des prix d'amis" avec des rabais de 10 à 15$ par baril de la Russie, du Venezuela et de l'Iran. Pékin aurait plus de 2 milliards de barils en réserve, suffisamment pour tenir 140 jours.  

De plus, l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis (10 millions de pétrole par jour) peuvent utiliser la Mer Rouge ou le Golfe d'Oman pour contourner le Detroit d'Hormuz. 

 

Pour Trump : il ne faut pas que cela dure 

Ce lundi, Trump s'est empressé d'annoncer que l'évolution de la situation est "en avance sur l'agenda". Tout cela pourrait se terminer très vite, histoire de ne pas trop influencer les prix de l'essence aux USA et de ne pas se retrouver avec trop de soldats américains décédés ce qui est dévastateur pour les élections de mi-mandat.

Ce même jour, le prince héritier Mohammed ben Salman d'Arabie Saoudite a annoncé que son pays pourrait se défendre militairement contre l'Iran, si Téhéran continue de cibler ses installations pétrolières.

Trump s'est laissé embarqué dans cette guerre par Benjamin Netanyaou et n'a pas demandé la permission au Sénat. Plus vite cette histoire (victoire) se termine, plus il pourra en tirer la gloire nécessaire au parti Républicain. Le pari est osé.

 

Les installations énergétiques : le nerf de la guerre

On remarquera que durant les guerres, les belligérants ne ciblent que rarement les gisements pétroliers et gaziers avec l'exception de la guerre en Ukraine et l'invasion du Koweït par l'Irak.

Cependant, l'Iran a ciblé une raffinerie en Arabie Saoudite et les installations de GNL du Qatar. Touchés, les réparations pourraient prendre des semaines ou des mois. Le gouvernement iranien n'a pas intérêt à viser les gisements de ses pays voisins. Le retour de manivelle pourrait mettre hors service ses installations et les revenus de la vente d'hydrocarbures pourraient disparaître. Téhéran n'a aucun intérêt à perdre cette manne à moins que le gouvernement n'ait plus rien à perdre.

 

Le rôle de l'Europe

Dans cette guerre, les dirigeants européens n'ont pas été impliqués à part le premier ministre Anglais. C'est dire le camouflet même si le président Macron essaie de faire illusion et tente de venir au secours de la victoire.

L'Europe se voit coupée d'une partie du Gaz-méthane liquide du Qatar alors que Bruxelles s'interdit de commander du méthane via la Russie. La dépendance au GNL américain ne fait qu'augmenter.

 

Hausse des prix de l'essence

Les pétroliers américains n'ont pas perdu une seule seconde et ont immédiatement augmenté leurs tarifs de quelques 10 cts par gallon (3,8 lt). Le prix de l'essence à la pompe est une donnée cruciale pour les Américains. Donald Trump a les yeux rivés sur cet indicateur qui titille l'inflation. La bonne nouvelle est qu'il maîtrise le bureau qui effectue le calcul de l'inflation et in fine les chiffres publiés.

En Suisse et en France, des stations d'essence en ont profité pour immédiatement augmenter leurs tarifs. Ce comportement est relié à la main invisible du business des compagnies pétrolières dont l'objectif est de générer un optimum de bénéfices. 

Pour les 10 prochains jours, les prix aux stations d'essence n'ont aucune raison de grimper, même si en moyenne, il est constaté que les pétroliers augmentent leurs tarifs 3 jours après une hausse des cours. Par contre, en cas de baisse, elles ont besoin de 10 jours pour répercuter cette baisse. 

Sur les marchés, le Brent a grimpé à $79 pour redescendre à 76. A New York, le WTI a fait un top à $73 et revenu à $70 très loin de la frénésie des chaînes d'informations qui voient un baril grimper jusqu'au plafond.  

 

Les Etats-Unis font le plein de pétrole

Après la main mise sur l'excellent pétrole lourd du Venezuela, le président américain pourrait mettre un pied en Iran qui possède du brut lourd tant recherché par les Etats-Unis. 

Du côté des perdants, la Chine et la Russie. Pékin vient de perdre l'accès au pétrole du Venezuela et pourrait voir s'échapper le brut iranien et l'un des membres des BRICS.

La Chine pourrait se retourner entièrement vers Moscou pour garantir un pétrole capable de générer du diesel et du kérosène. On voit également que la stratégie de Pékin de miser sur la mobilité électrique, hors du diesel et de l'essence, est une stratégie bienvenue.

 

 

 

 

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