Les inquiétantes saisies américaines du pétrole du Vénézuelien
Donald Trump joue le pirate et intensifie la saisie des tankers pétroliers du Venezuela. Officiellement, le président américain accuse Caracas de faire de la contrebande de drogue dans l'est de l'océan Pacifique. Pragmatiquement, l'or noir du Venezuela joue un rôle essentiel pour les raffineries américaines et la production de diesel et de kérosène.
Le blocus de tous les pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela. La justification ne se cache pas dans les armes de destructions massives comme en Irak, mais par la guerre à la drogue.
Quels sont les impacts de cette saisie du pétrole du Venezuela et quels sont les facteurs les plus importants qui influencent les prix sur les marchés ?
Le premier est l'offre qui est actuellement soustraite du marché. Le deuxième est lié au type de pétrole. Enfin, la manière dont ce pétrole est retiré du marché.
Diminution de l'offre mondiale de pétrole
Du côté de l'offre, on estime à 75 le nombre de pétroliers immobilisés au large des côtes vénézuéliennes, dont environ la moitié figurent sur la liste des sanctions américaines.
Reuters a affirmé qu'environ 11 millions de barils de pétrole et de carburant étaient bloqués dans les eaux vénézuéliennes après la saisie du premier pétrolier par les États-Unis.
Si l'approvisionnement en pétrole continue d'être perturbé, le Venezuela pourrait finalement être contraint d'arrêter sa production, car il sera à court d'espace de stockage. Dans le pire des cas, cela pourrait signifier une perte de production pouvant atteindre 500'000 barils par jour. Mais cela est encore de la musique d'avenir.
Une qualité de pétrole essentielle à l'économie américaine
Il y a ensuite le type de pétrole. Le Venezuela extrait un brut lourd et soufré qui est utilisé pour le raffinage de diesel ou de kérosène pour les avions. Ce pétrole bien spécifique ne peut pas être simplement remplacé par n'importe quel autre pétrole comme le très léger schiste américain.
Le brut du Venezuela alimente des raffineries complexes situées aux USA. Lorsque ce type de brut est retiré du marché, les acheteurs ont un choix limité d'autres producteurs vers lesquels se tourner comme le Canada, le Mexique, l'Arabie Saoudite et la Russie étant les plus importants. Ce phénomène est similaire à ce qui s'est produit lorsque les barils russes ont été sanctionnés pour la première fois après l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Les flottes fantômes contribuent au marché pétrolier
Finalement, la manière dont ce pétrole est retiré du marché.
Cela n'aura pas seulement un impact sur les barils provenant du Venezuela. La "flotte fantôme" qui a transporté le pétrole vénézuélien, iranien et russe ces dernières années est composée en grande partie des mêmes pétroliers.
La saisie de ces pétroliers, ou même la crainte d'une saisie, augmentera les coûts et les frictions liés au transport du pétrole sanctionné à travers le monde. Bien que ces flux de pétrole brut soient, par définition, plus difficiles à suivre, ils finiront par alimenter les marchés mondiaux et modifier l'équilibre mondial du pétrole.
Un impact géopolitique énergétique mondial : Chine - USA - Europe
Alors que les tensions entre le Venezuela et les États-Unis continuent de s'intensifier, cela nous rappelle la complexité des marchés mondiaux du pétrole et la géopolitique énergétique mondiale.
Si aujourd'hui, le marché actuel est caractérisé par une offre excédentaire, ces perturbations peuvent être relativement minimes pour les prochaines semaines, mais plus elles durent, plus de nombreux segments du marché pourraient subir les effets à long terme de ces développements.
Reste à savoir quand le gouvernement américain décidera de faire main basse sur le pétrole du Venezuela. ExxonMobil et Chevron sont déjà très actif au Guyana, pays frontalier du Venezuela. Le Guyana propose la même qualité de pétrole lourd que le Venezuela. Il n'y a pas une urgence pour la Maison Blanche d'acquérir par la force le pétrole de Caracas.
Reste à savoir quelles cartes Donald Trump utilisera. Sans réaction de Pékin, de Moscou ou de Bruxelles sur une saisie du Venezuela, le Groenland pourrait être l'annexion américaine suivante. Elle pourrait également ouvrir les portes de Pandore pour la Chine sur une annexion de Taïwan.
La suite en 2026.
Avec les sources de Charles Kennedy Oilprice.com