Il n'y a pas que le salaire de Messi qui flambe, les prix du gaz aussi

Le gaz naturel est utilisé pour générer de l’électricité, chauffer les bâtiments et entre dans l’élaboration du plastique, des engrais où de la pétrochimie. Il sert même à acheter des club de foot, la Coupe du Monde et le Messi. C'est dire l'étendue de ses usages! Bon marché à extraire, son prix a été historiquement fixé sous les tarifs du pétrole et du charbon. Le gaz porte ainsi une étiquette d’énergie "bon marché".

L’industrie a également positionné le gaz comme énergie de transition énergétique entre les fossiles et renouvelables. Cependant, cette rhétorique pourrait changer. L’ère du gaz naturel bon marché commence à avoir du plomb dans l’aile.

 

Si cette tendance devait s’avérer et durer dans le temps, les répercussions se feront sur l'économie mondiale.

 

Evolution des prix du Gaz en Europe en $


Il y a 10 ans, l’Agence Internationale de l’Energie prévoyait l’âge d’or du gaz. Depuis, sa consommation a bondi de +30%.

De nombreux pays ont vu le gaz comme une alternative bon marché et rapide afin de réduire leurs émissions de CO2. Le gaz émet deux fois moins de CO2 que le charbon, bien que les émissions de méthane du gaz naturel effacent cet avantage climatique.

Les producteurs d’électricité ont rapidement fait le saut et augmenté les unités de productions gazières. L’Asie, sous l'impulsion de la Chine et de l'Inde, a importé 250 millions de tonnes de gaz liquide en 2020.

 

En Europe, les prix de l'électricité grimpent

Depuis mai 2020, les prix du gaz ont fortement augmenté en Europe pour atteindre $50 centimes le m3. La vague touche également les USA et l’Asie. En Asie, les prix du gaz liquide ont été multipliés par 6.

En Europe, la fermeture volontaire des robinets par Gazprom explique ce phénomène. Il n’y a rien de plus confortable qu’un client qui a besoin d’un produit, surtout s’il n’y a que 10 vendeurs à travers le monde. On peut comprendre, que les rares pays producteurs saisissent cette aubaine financière pour faire entrer des devises.

Cette hausse gazière signifie que la production d’électricité sera plus coûteuse. D’ailleurs, en Europe, les prix de l’électricité ont passé de 3,7 ct en janvier à 9 centimes. La hausse touche également les dérivés pétrochimiques, comme les fertilisants et les pesticides.

Pour tous ceux qui se chauffent au gaz, la facture devrait également grimper. L’Angleterre annonce une hausse de +12% dès octobre.

Pour les fines bouches, alors que le gaz est vendu à 0,5 Euro le m3, la facture pour les privés se montent entre 10 et 20 € le m3. Si vous avez du temps, vous pouvez calculer les bénéfices générés par les intermédiaires des gaziers et vous demander pourquoi ils passent cette hausse aux consommateurs finaux.

 

Le Financement des nouvelles centrales à gaz en question

La grande question, pour les pays producteurs, est de savoir jusqu’à quel niveau il est possible de faire monter les tarifs sans endommager la demande, d’autant que les jours du gaz sont comptés. Mieux vaut engranger un maximum de revenus avant que la manne s’éteigne soit pas des considérants climatiques soit par le tarissement des gisements.

L’un des facteurs de cette hausse des prix résident dans le manque de capitaux frais pour augmenter l’offre. L’opposition croissante au gaz, notamment à cause des émissions de méthane, ont bloqué des projets et des énergéticiens à repenser leurs stratégies. Comme avec le pétrole, de nombreux investisseurs ont perdu des billes durant les 10 dernières années.  De plus les plans de l’Agence Internationale de l’Energie pour sortir du réchauffement climatique d’ici à 2050, recommandent de ne plus investir dans des nouveaux champs.

De son côté, la Chine a la capacité de financer de nouvelles centrales, mais il reste à sécuriser l'arrivée de gaz notamment de la Russie et par bateaux via le Moyen-Orient et les USA.

 

Stratégie de l'Agence Internationale de l'Energie

 

Les producteurs à la peine

Du côté des producteurs, le Qatar a réussi à augmenter sa production et accessoirement d'engranger Messi avant la Coupe de Monde de Foot de l'année prochaine.

Du côté du gaz de schiste américain, les producteurs sont sous pression des investisseurs afin d'être rentable. Ainsi, la gabegie des années passées semble passée. Ce gaz sera d'ailleurs importants pour les Etats-Unis afin de garder le titre de première puissance économique et militaire mondiale.

Du côté de la Russie, l’Arctique est dans le viseur pour répondre aux attentes des chinois et européens, mais il faudra encore quelques années pour y arriver. L’Algérie continue son déclin tout comme la Mer du Nord. Certes, il reste du gaz, mais dans une quantité de pays qui ne cesse de réduire.

Pour réfléchir sur cette thématique, les mots du CEO du gazier russe Novatek, Mark Gyetvay interpellent. Il pense "que le mouvement vert perturbe la fourniture d'un approvisionnement adéquat et abordable aux consommateurs. Le manque d'investissements en capital dans les futurs projets de gaz naturel ne nous mène pas à une transition énergétique, mais nous conduit plutôt sur un chemin inévitable vers une crise énergétique."

Comme l'a révélé Darwin, au final, ce n’est pas le plus fort qui gagne, c’est celui qui sait s’adapter.

 

Géopolitis: la guerre des gaz

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