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Le baril de pétrole dépasse les 119$

Le baril de pétrole est pris de fièvre, ça ressemble au Covid. Comme il ne peut pas mettre de masque, la contagion est mondiale. Quel sera le prix dans 1 mois? Les experts et les grandes banques rivalisent de pronostiques.

Qu’importe les prédictions. La Brent a dépassé les $119,8 à Londres et $116,3 à New York sous l'impulsion des événements ukrainiens.

 

Difficulté d'accéder au pétrole russe

De plus en plus de traders essaient de se passer du pétrole russe. Il se murmure que 70% de ce pétrole ne trouve pas d’acheteurs occidentaux. Certaines compagnies pétrolières comme BP, Shell, Exxon évitent de le commander car les frais d’assurances (en temps de guerre) et de transports élevés compliquent les transactions d'autant que les banques bloquent le tout.

Ainsi, les traders font les fonds de tiroirs afin de trouver des barils qui trainent dans le reste du monde et à ce jeu, pourquoi ne pas en profiter?

Moscou exporte 7,5 millions de barils par jour dont 50% en Europe et 40% en Asie. En Europe, les raffineries de l’Allemagne, Italie, Roumanie, Bulgarie, Finlande, Hollande, Pologne et la Grèce raffolent du pétrole Russe. Il faudra trouver une même qualité de brut pour qu'il puisse être digéré par les raffineries.

EneryIntel estime que la diminution des exportations russes ont diminué de 2,5 millions de barils par jour.

Par pure jalousie, le gaz s’est dit qu’il ne pouvait pas en rester là. Il a pris 60% à €216 MWh. Nos meilleures salutations à tous ceux qui ont décidé de continuer à se chauffer au gaz et au fioul/mazout.

 

Ecouter Interview: Radio Suisse Romande:  Le prix du pétrole est en hausse dans le monde: interview de Laurent Horvath

 

Que se passe-t-il ?

Les sanctions américaines et Européennes bloquent les livraisons russes, comme si par miracle il était possible de s'en passer et en trouver ailleurs.

Les autres producteurs, dont l’OPEP, n’arrivent pas à extraire plus de pétrole alors que les pompes tournent déjà à plein régime. D’ailleurs lors de la réunion de l’OPEP de ce jour, il a été décidé de ne pas augmenter les quotas car les membres du cartel sont déjà au maximum.

Hier mardi, les USA et l’Europe avaient décidé de puiser dans leurs réserves pétrolières 60 millions de barils (la consommation mondiale quotidienne est de 100 donc un équivalent de 14 heures).

Le geste a été interprété comme un mouvement de panique. Il faut également ajouter que la Chine fait le contraire. Elle achète du pétrole pour remplir ses réserves. On imagine qu'un rabais a été demandé à Moscou. De là à dire qu’ils sont taquins, il n’y a qu’un pas.

 

L’addiction au pétrole n’aide pas

Qui dit baril à $112, dit le litre d’essence avec un chiffre 2 devant.

Les prix du mazout (en Suisse) on doublé. Si la semaine dernière, vous deviez payer Frs 4'000 pour remplir votre citerne, vous allez avoir besoin de Frs 8'000 cette semaine (Frs 130.—les 100 litres).

Avec les prix du gaz, du pétrole, du charbon, de l'électricité et des matières premières à la forte hausse, le président de la Banque Fédérale Américaine, Jerome Powell va ramer pour tenter de maîtriser l’inflation.

Qui dit inflation, dit taux d’intérêts qui grimpent et une augmentation des intérêts à rembourser mensuellement pour Joe America. Comme l’américain moyen n’a souvent pas de quoi avaler une hypothèque qui monte, il reste à savoir quelle bulle va exploser et son impact dans l'Economie mondiale. En 2008, le pétrole à $120 fut suffisant pour alimenter ce cycle infernal et détruire l'économie. Aujourd'hui avec le mix pétrole, gaz, électricité, quel sera le point de bascule?

Du côté Européen, les regards se tournent vers la France, qui a vu des gilets jaunes dans les rues pour moins que ça. Là, avec un litre d’essence à €2 et le prix du gaz qui touche le ciel, la grogne devrait grimper. Les Allemands, qui se chauffent au gaz, vont également avoir un pincement au coeur.

 

De parler de la transition énergétique à la vivre

Selon le gérant de fonds spéculatif, Pierre Andurand, les traders refusent actuellement de voir à quel point la situation pourrait empirer sur les marchés pétroliers, ce qui explique pourquoi les prix ne sont pas aussi élevés qu'ils le devraient.

"Je ne pense pas qu'il y ait un trader de pétrole qui négocie actuellement et qui a l’expérience dans de grandes perturbations de l'approvisionnement qui ont eu un impact sur le prix. Ils ne veulent pas croire aux mauvaises nouvelles, un peu comme au début du Covid."

On pourrait également ajouter que les dirigeants de nos pays ont le même syndrome que nos traders.

Dans tous les cas, hier nous parlions de la transition énergétique. Aujourd'hui nous sommes en train de la vivre.

 

 

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