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L'OPEP ne bouge pas. Le baril de pétrole grimpe à 82$

Les membres de l’OPEP+, avec la Russie, se sont rencontrés ce lundi et ont décidé de ne pas accélérer la quantité de pétrole à extraire. Ils n'ont également pas plié face à la demande de Joe Biden, qui demandait une hausse de la production afin de faire baisser les prix à la pompe. Depuis cet été, les membres du cartel pétrolier augmentent mensuellement leurs extractions de 400'000 barils par mois. Ce processus doit durer jusqu’en mai 2022 afin de revenir progressivement aux niveaux d'extractions de 2019.

A l’annonce le baril est passé sur les 82$ à Londres. Au niveau mondial, nous assistons à une flambée des prix de l'énergie en passant par le gaz, le charbon, l'uranium et de facto l'électricité.

 

La Chine : s'accaparer les énergies à n'importe quel prix

Cette décision va émoustiller les tensions entre la Chine, l’Inde, l’Europe et les USA.

Ce weekend, le 1er Vice Ministre chinois, Han Zheng, a demandé aux entreprises énergétiques chinoises d’acheter sur les marchés du pétrole, du gaz et du charbon à n’importe quel prix (at all costs) afin d’assurer la reprise économique et d’éviter la mise à l’arrêt de certaines industries. La semaine dernière, 22 régions chinoises avaient dû rationner la distribution d'électricité. Des entreprises avaient dû arrêter leurs productions.

Pratiquement toutes les livraisons de gaz LNG américaines ont été achetées par les chinois au nez et à la barbe des européens.

 

Le pétrole doit rattraper son retard sur le charbon et le gaz

Les membres de l’OPEP pensent qu’avec la hausse des tarifs des matières premières, il serait ballot que le baril n’en profite pas et qu'il ne rattrape pas son retard.

Actuellement, à équivalent énergétique, les prix du gaz en Asie représente un baril à 180$ le baril. De son côté, le charbon thermique a quadruplé.

Amin Nasser, PDG de l’entreprise pétrolière nationale saoudienne, Saudi Armaco, estime "qu'à cause des prix du gaz, nous assistons à un transfert sur le pétrole à hauteur de 500'000 barils par jour soit un niveau supérieur à l’augmentation mensuelle des extractions de l’OPEP".

Du côté des USA, les extractions des gisements de schiste, qui avaient compensé depuis 2008 le peak oil de pétrole traditionnel, reprennent mais à des niveaux stables. L’objectif des producteurs américains est d’assurer la rentabilité et non pas la quantité.

De son côté, Joe Biden tente de faire pression sur l'OPEP afin de faire diminuer les coûts de l'essence aux USA. On sait que Joe America est très chatouilleux quand il fait le plein de son pickup truck et SUV.

 

Une crise à venir

Globalement, depuis la pandémie, le pétrole souffre de sous investissements avec le potentiel d'envoyer cette industrie et l’Economie mondiale dans une forte crise. En effet, le PIB et les quantités de pétrole consommées sont intimement liées.

De leur côté, les pays exportateurs cherchent à combler le déficit chronique de leurs budgets suite à 20 mois de vaches maigres. Tant du côté du pétrole que du gaz, la dépendance des pays importateurs est une aubaine qu'il est important de saisir. S'ils n'ont rien voulu faire depuis les 10 dernières années, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.

Globalement, la hausse des matières premières stimule l’inflation ainsi que les taux d’intérêts et notamment ceux de la dette. Le cocktail est explosif et avait déclenché la crise de 2008.

La grande question est de savoir jusqu'à quand l'Economie mondiale va-t-elle supporter le chaos énergétique actuel? Jusqu'où pourra aller le baril 90 voir 100$ ?

Mais pour l'instant, il faut relever une bonne nouvelle : les pannes de Facebook, Instagram et WhatsApp. Pendant quelques heures, le monde a tourné rond. Comme quoi, tout n'est pas perdu!

 

 

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