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Les Emirats Arabes Unis boudent, les prix du baril grimpent vers 80$

Le cartel du pétrole et la Russie, l’OPEP+, s’étaient rencontrés vendredi dernier. Objectif : remonter les quotas de production en ajoutant 2 millions de baril par jour (b/j) sur les marchés d’ici à la fin de l’année et à coup de +400'000 par mois dès août. La réunion de vendredi s’était soldée sur un couac.

Les Émirats Arabes Unis exigent une part plus grande du gâteau et une augmentation de leurs quotas. Les réflexions du weekend n’auront pas suffi. La réunion de ce lundi a tout simplement été annulée. Du coup, le statu quo entre en force. Pas d’augmentation de l’offre, le prix du baril grimpe à 78$ en direction des 80$.

 

Plus de 6 milliards $ en jeu

Dans les faits, les Émirats demandent de relever leur volume de production de référence. Le seuil actuel avait été fixé en octobre 2018 à 3,17 millions b/j. alors que le Royaume pourrait en extraire 650'000 de plus.

Avant la pandémie, le petit royaume produisait effectivement 3,8 millions b/j. Aujourd’hui avec les cours actuels, la différence se chiffre à plus de $ 1,5 milliard par mois ou 6 milliards jusqu’à la fin de l’année. Ce montant ne laisserait pas Nabilla indifférente et avec 6 milliards, il est plus facile d’augmenter le parc de Ferrari.

Vendredi dernier, il était prévu de se revoir ce lundi, car les week-ends portent conseil dit-on. Que neni !

Ce lundi, le secrétaire général de l'OPEP, Mohammed Barkindo, a confirmé l’annulation de cette nouvelle rencontre et ajouté :"la date de la prochaine réunion sera décidée en temps utile".

Historiquement, l’OPEP trouve plus de facilité à gérer ces quotas quand les prix chutent. Dès qu’il y a plus d’argent à se faire, le niveau de testostérone augmente proportionnellement.

Même si l’OPEP+ ne représente que les 40% des extractions mondiales, les autres pays ont pratiquement tous atteint leur peak et le pétrole de schiste américain plane toujours dans la déprime.

 

Les Pays Importateurs grimacent

En avril 2020, sous la pression de Donald Trump et de la pandémie, les membres de l’OPEP+ (avec la Russie) avaient diminué leurs exportations de 9,7 millions de barils par jour (mbj). Avec la reprise économique, les quotas ont été relevés de 4 millions b/j, histoire que l’offre grimpe parallèlement à la demande.

Cependant depuis le début de l’année, Donald Trump et ses tweets ont disparu. L’ancien président exigeait et obtenait un prix du baril "aussi bas que possible".

Ce jour, le baril pointe en direction des 80 $. Si cette hausse de 50% depuis le 1er janvier est salutaire pour les budgets des pays exportateurs il en est tout autre pour les pays importateurs. Ainsi, l’Arabie Saoudite, qui compte sur un baril à 80$ pour équilibrer son budget.

Sous nos contrées la hausse signifie inflation et frein à la croissance. On en profite également pour saluer tous ceux qui chauffent leur maison avec du mazout / fioul!

Il est à parier que dans les coulisses, Washington regarde nerveusement les prix du baril augmenter et utilise la discrétion diplomatique pour murmurer aux oreilles de l’OPEP.

 

Le retour de l'Iran

Les membres du cartel font également face à un dilemme : le retour du brut iranien dans l’équation. En cas de signature d’un accord sur le nucléaire, les sanctions américaines seraient abandonnées et les exportations pourraient remonter comme un bouchon de liège avec +1 million b/j.

Du coup, les prix du baril pourraient partir dans l’autre sens. Mais cela est une autre histoire.

A l'instant, le baril est à $77,5 à Londres et 76,72 à New York.

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