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La Crise pétrolière fait trembler l'industrie

Comme prévu, les deux plus grandes entreprises de services pétroliers Schlumberger et Halliburton ont annoncé des chiffres qui soulignent l’ampleur de la crise pétrolière et gazière qui secoue la planète.

Schlumberger licencie 21’000 de ses 85’000 employés éparpillés dans 120 pays. Halliburton s’est déjà séparé de 4’500 employés sur 55’000. 

La chute des prix du baril et de la demande ont forcé les producteurs à diminuer le rythme de leurs extractions. Comme à chaque crise, les entreprises de services sont les premières à encaisser le choc, qui finira par s’étendre à toute l’industrie.

 

Schlumberger accuse une perte nette de 3,43 milliards $ au second trimestre 2020 et va prévoir 2,7 milliards $ de charges de restructurations et de dépréciations pour la fin de l'année.

De son côté, Halliburton, la firme pétrolière américaine proche du président, affiche une perte de 1,68 milliard $. Même avec les aides gouvernementales, ça fait cher le trimestre.

Le PDG de Schlumberger, Olivier Le Peuch, pense «qu’à court terme, la demande de pétrole commence lentement à se normaliser et devrait s'améliorer grâce aux mesures prises par les gouvernements pour soutenir la consommation. Mais, même si la demande remonte légèrement, les majors pétrolières sont toujours en mode économie».

L’agence norvégienne pétrolière, Rystad Energy, pense que le secteur de services parapétroliers, comme Schlumberger, Halliburton, Baker Hughes, TechnipFMC ou Vallourec, supprimera un poste sur cinq dans le monde en 2020. Un sur 5 cela se traduit par 1 million d’emplois ! Même si ce chiffre ne sera peut-être pas atteint, on imagine l'ampleur du séisme.

Les USA auraient perdu 100’000 postes et 38 faillites ont assommé le secteur de schiste qui est en chute libre.

 

Vers une pénurie de pétrole ?

La tendance suivie par les entreprises de services montrent les probabilités d’une transition de surplus de production vers une pénurie. Tout cela dépendra de la rapidité de la reprise économique.

Alors que la demande mondiale de pétrole et de gaz sont en train de reprendre, le défi sera d’y répondre à temps. Le niveau des découvertes de nouveaux gisements est au plus bas depuis 60 ans et la bulle de schiste semble s’être dégonflée pour atteindre son pic d’ici à 2025 aux USA.

Le choc pétrolier actuel a fortement ébranlé l’architecture de l’industrie pétrolière et gazière tant au niveau des majors, du raffinage, des ressources humaines, de l’exploration, de la production ou du financement. En toute logique, plusieurs banques et agences pensent que les prix devraient fortement grimper durant les années 2021-2022 pour autant que l’Economie mondiale le supporte.

Rystad Energy prévoit même un pic de production d’ici à 2027. On peut sans hésiter qualifier de surprise les mots "peak oil" dans la bouche de l’agence norvégienne.

 

Trois tendances sont à surveiller

La pénétration des voitures électriques dans le marché. Cette tendance sera encore accentuée par l’augmentation de la suprématie électrique chinoise sur l’économie mondiale. Les premiers chiffres post-covid montrent une baisse de la demande des voitures thermiques.

De plus, après l’Allemagne, la Corée du Sud, le Japon et la Chine, la Russie vient d’annoncer des investissements importants dans la mobilité à hydrogène, histoire de sortir des griffes chinoises des terres rares et des batteries électriques.

Finalement, la courbe de l’Economie mondiale et les besoins d’utilisation de transports maritimes, aériens ou terrestres finiront de boucler la boucle.

Ainsi, il n’est pas improbable que le monde commence à s’occuper du climat par faute de pétrole!





 

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