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Les Prix du Pétrole planent sur les Présidentielles

Les campagnes présidentielles sont en train de rythmer la vie des américains, des russes et des français. Pendant que les candidats se battent à coup de baguettes magiques pour promettre croissance, puissance et emplois, un petit grain de sable s’est immiscé dans chacune d'entre-elles: Le prix du Pétrole.

Dans ces 3 pays, l’influence d’un baril à 3 chiffres est différemment vécue. La Russie s’en félicite, les USA fêtent leur nouvelle indépendance énergétique tandis qu’en France: "vive la joie, l’hôpital brûle".  3 pays, 3 positions bien différentes:

Historique: Le baril a augmenté de 20$ depuis le début de l’année

En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, le baril s’est renchéri de 20$ à New York pour toucher les 110$. Le reste du monde tourne à l’horaire londonien et fouille dans son porte-monnaie pour trouver les 125$ nécessaires pour acquérir son baril.  

En 2006, Georges Bush Junior s’était rendu en Arabie Saoudite pour convaincre ses amis de bien vouloir augmenter la production du Royaume dans le but de ramener les prix du baril au niveau de son QI qui frise les 32. Selon les analystes, le pétrole était en train de pénaliser lourdement l’économie américaine et mondiale. Nous en étions à 80$ le baril. J’oubliais, le fils Bush repartît de Ryad sans avoir rempli sa mission.

Les mois passèrent et les analyses s’accordèrent pour estimer l’impact négatif du pétrole sur l’économie US au delà de 90$ le baril, 100$ pour l’Europe et 110$ pour la Chine.

Le pétrole est un élément indissociable de la croissance. Pour que la croissance augmente, la consommation de pétrole doit augmenter. C’est justement là que le bas blesse. Depuis 2006, nous avons atteint un plateau de production à 89 millions de barils/jour. Aujourd’hui, il est bien difficile de produire une goutte de plus. Comme les spéculateurs ont brûlé quelques bougies afin que l’Iran continue son bras de fer avec Hilary Clinton, les prix s’envolent.

La Russie, la France et les USA

Pour ceux qui suivent les campagnes présidentielles aux USA, en Russie ou en France vous avez remarqué une compétition féroce entre les candidats afin de  promettre des jours heureux, une économie en croissance et un chômage en baisse. Voyons les comportements de chacun:

La France: PétroPlus

Historiquement, les français exigent que leurs élites politiques proposent monts et merveilles. Plus la promesse est belle et plus les chances de se faire élire augmentent. Une fois redescendu sur terre, nul ne voudrait manquer l’opportunité d’organiser une grève.
Avec un baril à plus de 120$, qu’importe le nom du nouveau président. Il ne pourra jamais tenir des engagements de croissance financière ou de réduction du chômage.

Et ne dîtes pas qu’il ne savait pas! Depuis plus de 3 mois, le litre d’essence bat record sur record dans les stations françaises. Tout bon politicien évite soigneusement ce sujet qui fâche car aucune solution n’est en vue.

Seul le président Sarkozy a osé aborder le pétrole. La semaine dernière, il a fièrement annoncé que la Raffinerie française de Pétroplus, Petite-Couronne, allait continuer de fonctionner le temps des élections. Après elle fermera et licenciera ses employés. Bon ça, c’était écrit en tout petit dans le communiqué de presse ce qui explique pourquoi les médias ont zappé ce détail.

C’est au groupe hollandais Shell que le président a demandé de jouer le Chevalier sauveur. Vous vous demandez certainement pourquoi Shell s’engage dans une unité de production qui perd autant d’argent que Paris Hilton lors de sa visite aux Galleries Lafayette? La beauté de ce geste se traduit par la capacité d’un homme politique à transformer un litre de pétrole en un pot de vin.

Russie: La nouvelle grande Puissance

Les élections du 4 mars vont consacrer la victoire de Vladimir Poutine. La campagne de communication menée par les USA fustige le nouveau futur président sous couverture d’une élection aussi démocratique que G. Bush face à Al Gore. Cette irritabilité montre à quel point les USA voient d’un mauvais œil le retour de la Russie sur la scène internationale et surtout le retour d’un joueur d'échec aussi brillant.

Cette semaine, Poutine a même repris la stratégie de G. Bush Junior en invoquant « un attentat islamiste » pour le tuer. La pirouette est connue, mais il n’y a rien de tel pour ressouder les citoyens autours de leur icône.

Avec Energie
Vladimir Poutine peut compter sur les 10 millions de barils de pétrole extraits chaque jour de son territoire et sur les milliards de m3 de gaz livrés à l’Europe et à la Chine. Cerise sur le gâteau, la Russie se réjouit de livrer l’uranium nécessaire au bon fonctionnement de la moitié des centrales nucléaires américaines. Jouer contre Poutine, c’est comme avoir une paire de 6 alors qu’il vous montre ses 4 as. C’est possible de gagner, mais ce n’est pas forcément évident.

Pour rappel, en 1992, l’URSS entrait dans une presque faillite. Il a fallu la poigne de Poutine pour remettre rapidement la Russie sur les rails et les réserves énergétiques du pays lui sont d’une aide très précieuse.

USA: Nous et le reste du monde

En Californie, le gallon d’essence se négocie à nouveau en dessus de 4$. A ce tarif,  un automobiliste américain, a tendance à rester à la maison au lieu d’aller faire un tour au shopping mall ce qui n'est pas forcément un indice de croissance.
Du coup, les candidats républicains se sont lancés dans une sous-enchère du type : je vais faire descendre le gallon en dessous de… ». La palme revient à Michele Bachmann qui a promis un gallon à 2$ en cas d’élection.

De son côté le Président Obama se réjouit du développement des schistes bitumineux et gazeux dans les sous-sols américains. Cette nouvelle méthode de fracturation a été annoncée comme la panacée à l’indépendance énergétique américaine. En écho au président, les lobbys canadiens annoncent que les sables bitumineux de l’Alberta devraient pouvoir remplir les réservoirs américains pour les siècles ou les millénaires à venir.

Il y a 3 semaines, le Président n’a pas hésité à annoncer que les USA allaient être totalement indépendant du pétrole étranger.

Comme pied de nez à ses déclarations, le procès de BP et de Deep Water Horizon a débuté aujourd’hui pour se rappeler que le 30% du pétrole consommé aux USA provient de forages en haute mer et en grande profondeur.

3 Pays, 3 Destins

Qu’importe les choix des différents peuples, c’est le prix du baril qui va influencer la vie de millions de citoyens et l’économie mondiale. Quel sera le Président qui osera mettre ses électeurs en face de la réalité et de leurs responsabilités?

A ce jour, seul Vladimir Poutine peut se permettre d'être franc car il sait que son pays a tout à gagner.

En Europe et aux USA, quel sera l'homme ou la femme politique qui aura le courage de prendre des dispositions afin que le pétrole ne coule pas systématiquement la croissance? Est-ce que les peuples sont prêts à entendre le message? A suivre les campagnes présidentielles actuelles, rien n'est moins sûr.

Laurent Horvath

 

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