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La Syrie et la Libye pendues avec leur Pétrole

Libye et Syrie: Dans les coulisses de la Révolution.
Le Pétrole est une arme politique et militaire redoutable. Parfois atout de poids il peut se retourner et se transformer en malédiction. La Syrie et surtout la Libye sont en train d'en faire l'expérience. Avec 1,6 million de barils par jour, le Général Mouammar Kadhafi tenait en respect les pays Européens. Mais depuis la Révolution Arabe, sous le couvert d’aides aux populations et des campagnes de communication bien orchestrées, les pétroliers occidentaux voient de nouvelles perspectives.

En perdant le contrôle des dernières raffineries, le Général Mouammar Kadhafi a vu tomber en panne sèche son armée et son gouvernement.  Avec un regard actuel, les grands gagnants de cette Révolution pourraient être le Français Total, l'Italien ENI et l’anglais BP. Discrète, la Chine et la Russie restent en embuscade.


Du côté de la Syrie, les habiles américains font pressions sur les Européens pour mettre sur les rails un embargo sur le pétrole du Président Bachar al-Assad. Cette action pourrait permettre aux majors américaines de pétrole d’entrer sur un marché qui est resté jusqu’à aujourd’hui fermé.

 

Lybie: 1,6 million de baril de pétrole d'excellente qualité

« La transition commence immédiatement pour construire une Libye nouvelle », a annoncé mardi soir le numéro deux de la rébellion, Mahmoud Jibril, alors que les rebelles ont pris à Tripoli le contrôle du QG de Mouammar Kadhafi qui reste introuvable.

En coulisse, Total, ENI et BP n’ont pas attendu pour débuter des négociations avec le Gouvernement de transition libyen. Il n’a pas fallu attendre plus de quelques heures avant qu’ENI annonce qu’elle allait signer la semaine prochaine déjà, des nouveaux accords cadres pour acheter le doux pétrole libyen. Selon la logique européenne, il s’agit d’un juste retour des choses et un remboursement de l’action militaire au côté de la rébellion.

Cependant, malgré l’aide militaire des européens, tout ne sera peut être pas aussi facile que prévu.

Tout d'abord, les puits de pétrole arrêtés depuis de longs mois ne vont pas tous pouvoir être remis en état de marche. Certains forages, une fois mis à l’arrêt, ne repartent jamais complètement. De plus, les nombreuses ethnies qui morcellent la Libye vont certainement vouloir bénéficier des pétrodollars qui leur ont si souvent échappés.

Après sa révolution, l'Iran n'a jamais retrouvé les capacités de production réalisées sous le règne du Shah Mohammad Reza Pahlavi. Après la chute de Saddam Hussein, l'Irak peine à trouver son rythme de croisière et l’Egypte n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Il en ira de même pour la Libye. Les 1,6 million de barils par jour ne sont peut-être plus qu'une illusion.

Finalement, c'est peut être la Chine qui a construit des écoles, des routes et des habitations qui pourrait avoir les primeurs des nouveaux dirigeants dans un pays où la corruption est un art de vivre. La Chine a d'autant les coudées franches que la Libye n'intéresse pas vraiment les USA. La chasse est ainsi ouverte entre BP, Shell, Total, ENI et la Russie.

Syrie: les Américains veulent pousser les Européens à la Faute et faire entrer leurs Majors Pétrolières

La semaine dernière le Président Obama a annoncé que les USA allaient mettre en place un embargo sur le pétrole Syrien qui procure le 33% des revenus du pays.

L'idée vendue aux médias et à l'opinion publique consiste à faire croire que l’absence de revenus pétrolier pourrait financièrement mettre à genou le Gouvernement du Président Bachar al-Assad. L’idée est d’autant plus efficace qu’elle est simple à expliquer à l’opinion publique européenne. Cependant, elle cache l'envie d'Exxon Mobile et les compagnies américaines d'entrer dans ce pays qui leur est presque entièrement fermé depuis la deuxième guerre mondiale.

L'action est d’autant plus symbolique pour les USA qu’ils ne consomment que le 5% de ce pétrole. Le 95% restant est consommé par l’Europe via l’hollandais Shell, le Français Total et l’anglais Gulfsands Petroleum. Les 148'000 barils de pétrole journalier qu’exporte la Syrie sont raffinés en Allemagne, Italie, France, et bien sûr en Hollande.

Avec cette demande, les USA espèrent pouvoir faire entrer dans la brèche, une fois le Gouvernement renversé, Exxon et les autres majors américaines. Cerise sur le gâteau, à 18 mois de l'élection présidentielle américaine, le Président Obama aura également besoin des dollars des compagnies pétrolières et toutes les opportunités sont bonnes pour rendre un service à ces généreux contributeurs.

Actuellement l'Europe réfléchit. Le temps que les 27 soient d'accords, de l'eau, beaucoup d'eau, va encore couler sous les ponts. La décision est délicate et le coup de maître joué par les USA brillant. Les Canadiens Tanganyika, Suncor et PetroCanada qui opèrent également en Syrie attendent la décision de l'Europe pour prendre leurs décisions.

De son côté le directeur Europe de Human Rights Watch, Lotte Leicht propose de renoncer à cet embargo qui pèserait sur la population syrienne. A la place il suggère de geler les avoirs de La Syrian National Oil Company, la Compagnie Syrienne du Gaz et la Banque Centrale Syrienne jusqu’à ce que Bachar al-Assad cesse de commettre des abus sur son peuple.

Les Révolutions Arabes impactent non seulement les populations locales, mais elles brassent les accords énergétiques. C'est une formidable lutte qui se joue dans les coulisses ou chacun des pays occidentaux tente d' avoir une part du gâteau ou de ne pas le perdre.

 

Laurent Horvath

 

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