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Grève de Total: La Globalisation touche les Raffineries

Alors que le prix du pétrole atteint à nouveau des sommets, pour le grand bonheur des majors pétrolières, quelles sont les motifs qui poussent TOTAL, et d'autres pétroliers, à réduire leur production de raffinage en Europe et aux USA?

Tenter d'y répondre, c'est essayer de comprendre les nouvelles forces qui vont réguler notre monde dès la reprise économique.

Les raisons officielles:

Du côté des syndicats,
la grève commencée mercredi dernier est un soutien aux salariés de la raffinerie de Dunkerque, dans le nord de la France, menacée de fermeture. Alors que les syndicats dénoncent « une restructuration motivée par des considérations financières » ils exigent des garanties sur le maintien de l’activité de raffinage en France.


Du côté du lobby pétrole
Selon l’UFIP, l’union française des industries pétrolières c’est la baisse de la consommation des carburants par les automobilistes en Europe qui est la cause de tous les malheurs et qui pourrait faire perdre 150 millions d'Euros par mois depuis mars 2009 (chiffres non vérifiés).

Pour faire une pierre deux coups, le lobby du pétrole s’insurge également contre la taxe carbone que pourrait instaurer l’Europe et fiche un coup de pied aux nouveaux comportements plus respectueux de l’environnement des automobilistes européens et américains.

 

Des Raisons plus réalistes et matérialistes

Un changement de règles étonnant:
Auparavant, Total et les autres compagnies pétrolières considéraient que les gains de l’extraction compensaient les éventuelles pertes de raffinage. Ce mix, ne les empêchaient pas d'annoncer des bénéfices records et somptueux.

Aujourd'hui avec ce tour de passe-passe, elles séparent ces deux activités de leurs livres de comptes dans le but de justifier la délocalisation du raffinage dans les pays asiatiques et de l’OPEP.


Délocalisation logique

Ainsi en janvier 2010, l'on a vu du pétrole extrait aux États-Unis, être transporté à Singapour, pour y être raffiné, et retourné aux États-Unis pour une distribution dans les stations d'essence! Un comble! Il est évident que si des compagnies se lancent dans ce genre de transaction, c’est qu’elles s'y retrouvent financièrement.

Ce que ne disent pas les grandes compagnies pétrolières, c’est qu’elles ont un intérêt financier à raffiner la plus grande quantité de pétrole en Asie ou à simplement sortir du processus de raffinage.

En Asie et au Moyen Orient, les coûts de raffinage sont nettement plus avantageux qu’en Europe tant du côté salarial qu’environnemental.

Les pays du Moyen-Orient et de l’OPEP ont tout intérêt à ajouter une plus-value sur le pétrole qui leur reste. Au lieu de vendre du pétrole, il est plus avantageux de transformer le pétrole brut en carburant prêt à consommer et en encaissant au passage une plus-value bien sympathique.

Direction: les Pays Emergents

Les pétroliers réorientent leur capacités de raffinages et leurs investissements là où la demande va augmenter soit en Asie et au Moyen-Orient. Logiquement, elles réduisent leurs capacités dans les pays développés ou la demande stagne et les tendances futures sont moins alléchantes.

L'anglo-néerlandais Shell a annoncé début janvier la fermeture de sa raffinerie de Montréal au Canada, et envisage de céder quatre autres raffineries en Europe.

 

Trouver une solution à court terme avant les Elections Régionales

Obligation électorale oblige, le Président Sarkozy va certainement annoncer un accord avec Total. Il est fort à parier que cet accord sera progressivement "oublié" dans les années à venir. Si j'étais un employé d'une raffinerie de Total, je commencerai à chercher un nouveau job dès à présent.

Les nouvelles synergies qui vont gouverner notre monde dès la reprise économique sont bien loin du combat des travailleurs de Total et de l'Europe.

 

Voir Vidéo

M6- 22 février 2010

Dim lights

Nucléaire: Hinkley Point

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Décryptage de l'accord{ Dim lights }Par Laurent Horvath