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Crash du pétrole, Boom de l'Economie?

Pendant plus de 50 ans, la vie prix du baril de pétrole n’aura été qu’un long fleuve tranquille. Mais depuis la pénurie de production de 2007, le baril est devenu un incontrôlable yoyo passant de 147$ en juin 2008 à 35$ durant la crise financière pour remonter à 127$ cette année et rechuter aujourd’hui vers les 60$.

Ces fluctuations perturbent la croissance mondiale qui s'est construite et qui repose sur l’abondance énergétique pétrolière. Notre système économique occidental s’asphyxie dès que l’or noir franchi les 100$ et respire en dessous de cette marque virtuelle. Le cycle que nous venons de vivre aura duré 6 ans et cette tendance est appelée à se reproduire, peut-être de manière de plus en plus rapide. Jusqu’à son emballement ?


La dette américaine a explosé: 18 trillards $ un record

Pour contrecarrer les prix élevés du pétrole, le plus grand consommateur énergétique mondial, les USA n’ont eu d’autre option que de noyer leur place financière avec des dollars fraichement imprimés. Depuis la crise de 2008, la dette américaine a explosé de 70%  pour atteindre les 18 trilliards. Par effet de bord et par hasard, c’est grâce à ces subventions que l’industrie de pétrole de schiste a pu se développer et atteindre son niveau actuel de maturité. Ironiquement, ce même pétrole de schiste participe à sa propre chute.

Incapable de répliquer le modèle américain, la Banque Européenne a vu exploser le chômage sur le continent et la croissance a été mise à mal avec ce pétrole vendu au-dessus de ces moyens.


Dès que le Baril dépasse les 100-110$, il détruit l'économie
Dès que le baril repasse sous la barre, la croissance redémarre.
Chiffres schématiques pour illustrer la séquence

 

Pour augmenter la croissance et réduire le chômage (PIB), il faut augmenter sa consommation d’énergie

L’équation est posée.  Avec un pétrole à nouveau rentable, la croissance mondiale pourrait repartir avant de caler à nouveau dans quelques années, histoire que la demande repousse le baril au-dessus de 100$ et que le cycle infernal ne recommence.

Même si aujourd’hui certains chantent comme la cigale la fin du peak oil, c’est justement la disparition du pétrole bon marché qui induit ce cycle encore mal maîtrisé. Nous allons bientôt arriver là où le pétrole cher (et peut-être abondant) devient une arme de destruction massive de l'économie.

 

Situation analogue à 2006

Comme en 2006, le manque d’investissements a freiné la production qui a été incapable de suivre la demande et la croissance économique mondiale.

8 ans plus tard, nous revoilà exactement dans la même configuration. Les majors pétrolières ont coupés leurs investissements et les ravages financiers sur les forages de schiste, off-shore ou bitumineux nécessiterons une adaptation de quelques années, d'autant que les majors ont débuté une vague de licenciements pour maintenir leurs dividendes. Il faudra du temps pour reconstruire l'expérience et atteindre le maximum de production.

 

Un baril à 200$ est illusoire

La configuration de base de nos économies ne permet pas la vie avec un baril supérieur à 100-120$ (voir graphique). En imprimant des billets, les USA ont créé un monstre (Frankenstein) et les autres pays, Europe et BRIC en tête, cherchent encore la panacée sans vraiment savoir par où commencer.

A la prochaine flambée du baril, les systèmes économiques seront de nouveau terrassés sans la nécessité que le baril ne batte l’ancien record de 147$. Ceux qui s’en sortiront le mieux seront ceux qui auront trouvé un moyen de désolidariser leur économie du pétrole (efficience énergétique) ou de digérer ces prix élevés. Les pays nordiques partent favoris tout comme les pays du Moyen-Orient ou la Russie, eux qui possèdent l'or noir.

Finalement entre 2016-2018, plusieurs présidents entreront en fonction aux USA, en Europe (France). Les batailles politiques promettent!

 

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