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Pétrole: Le Coup de Poker de l'OPEP

De premier abord, l’accord de la réduction de 1,2 million barils/jour de la production pétrolière annoncée par l’OPEP semble être un très joli coup de Pocker gagnant. Mais il pourrait également mettre en péril le cartel qui représente le tiers de l’offre mondial.

Dès l’annonce, les ministres du pétrole des 13 membres ont immédiatement vendu le concept d’un baril à 60-70$. Comme un bouchon de champagne, les prix ont explosé pour passer sur la barre des 50$. Tout semblait se dérouler comme prévu sauf que dans le pétrole, dès que l’on est sûr de quelque chose, c’est le contraire qui se produit.

Comme dans toute bonne partie de poker, les traders demandent à voir les cartes de l’OPEP.

Quelles sont les cartes?

La première carte est celle de la Russie qui ne fait pourtant pas partie de l’OPEP.

Moscou a été invité à entrer dans la partie en réduisant sa production de 300'000 barils/jour. Ne cherchez pas dans vos archives et dans les livres d’histoire, en 50 ans, Moscou ne s’est jamais plié à un quota imposé par l’OPEP.

2017 pourrait être une première d’autant que la Russie produit à des niveaux records et qu’une baisse pourrait grandement soulager ses vielles installations. La fin de la guerre en Syrie pourrait également donner un peu de mou au ministre du budget.

 

La deuxième est statistique

Croyez-le ou pas, aussi précieux et stratégique que le pétrole soit, personne ne connaît la production mondiale réelle. Chaque pays publie ses chiffres, mais ils sont aussi fiables qu’une promesse de Donald Trump.

Dans le concept élaboré, l’OPEP s’appuie sur les chiffres de ses membres mais également sur des sources externes. La moyenne des deux donne une approximation approximative. C’est dire si l’on nage en eau trouble.

 

 

La troisième carte

L’Arabie Saoudite devrait porter la plus grande partie du fardeau alors que l’on demande à l’Iran, qui sort des sanctions, de réfréner ses désirs de jouir de sa liberté et de ses revenus si longtemps mis sous l’éteignoir. Aux prix d’efforts importants, Téhéran a revenir à une production d'avant les sanctions soit 4 millions b/j. On lui demande aujourd'hui de redescendre à 3,8 millions barils. La pillule semble difficile à avaler.

Comme avec l’accord sur le climat, qui n’a aucun moyen de pression et de contrôle sur les mauvais élèves, ici aussi la tentation de tricher est bien trop grande pour que son implémentation puisse avoir une chance de succès. Et comme avec le climat, tous les membres ont un intérêt à tricher ou à trainer les pieds.

 

Le joker

Le ministre de l’Arabie Saoudite, Khalid al-Falih, sait bien que seul son pays à la puissance de feu pour faire remonter les prix en retirant 2 millions de barils du marché. C’est le Joker que Ryad peut sortir de sa manche et qui rôde comme une épée de Damocles sur les traders qui voudraient trop miser sur une baisse des prix.

Mais le Royaume, comme la Russie d’ailleurs, paye cash son incapacité à diversifier son économie et à s’appuyer sur autre chose que sur son pétrole pour faire entrer des devises. Le budget du pays s’est trop rapidement habitué à un baril à 100$, au bling-bling et à la grandiloquence. Le pétrole est une malédiction et il le prouve une fois encore.

Ca passe où ça casse

Si les prix du baril plafonnent à 50$ durant 2017, les producteurs vont devoir faire avec et réviser leur train de vie.

De son côté, l’OPEP pourrait questionner son utilité et sa crédibilité sous la forme actuelle surtout après ce coup de force.

Cependant, avec les coupes drastiques des investissements dans l’exploration de nouveaux gisements, une baisse substantielle de l’offre se profile vers 2020 et la barre des 100$ pourrait être à nouveau d’actualité.

Sauf que dans le pétrole, dès que l’on est sûr de quelque chose, c’est le contraire qui se produit.

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