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2016 : L’année du Peak Oil ?

Le pétrole continue son annus horribilis et passe sous la barre des 36$ (35,52$ New York) qui avait été la marque minimale lors de la crise de 2008. La tempête devrait sévir encore durant l’année 2016 avant d’espérer revoir un brin de soleil en 2017.

Mais au-delà de cette chute, qui dure depuis 18 mois, comment comprendre la régression de la croissance mondiale alors que justement la chute des cours du baril devrait la stimuler?

 

Le point de situation de la production pétrolière

L’AIE prévoit que la demande mondiale de pétrole devrait augmenter de seulement 1,2 millions b/j en 2016 alors qu’elle fut de 1,6 million lors de cette année 2015.
Avec la chute des prix et la déplétion, la production hors OPEP devrait encore diminuer de 600'000 barils/jour en 2016, mais cette baisse pourrait être compensée par l’arrivée de la production iranienne.
De son côté, l’OPEP continuera d’alimenter le marché avec 31,5 millions b/j et ne canalisera pas sa production tant que la Russie, l’Iran et les USA ne diminuent pas la leur, ce qui permettrait un rebond sur les marchés. Ainsi, la surproduction actuelle est estimée entre 1,8 et 2 millions b/j avec l’option que l’Iran arrive avec 500'000 barils de plus dans les 6 prochains mois.
Dans les conditions actuelles, il suffit d’attendre que les prix diminuent encore pour éliminer les producteurs qui n’arrivent pas à suivre cette baisse. Mais que l’attente est longue.

 

2016 : l’Année du Peak Oil ou rebond prochain?

Chaque année, les compagnies pétrolières doivent remplacer 34 milliards de barils consommés à travers le monde et combler les 5% de déplétion des forages qui s’épuisent.
En 2015, les investissements d’exploration et de production ont diminué de 250 milliards $, laissant le solde restant couvrir 8 milliards de nouveaux barils pour les années à venir. Les majors pétrolières ont également coupé 70 milliards d’investissements pour soulager leurs bilans financiers. C’est avec ce genre de chiffres qu’il est légitime de se demander si nous n’allons pas atteindre le peak oil**** en 2016 ou si la prochaine hausse permettra de nouveaux investissements qui effaceront la déplétion des années à venir.


Hedge Funds, Investisseurs et les pays touchés

Les conséquences financières sont de plus en plus visibles et ce marasme va favoriser les fusions et la consolidation et diminuer le nombre d’acteurs.

Pour les plus petites compagnies pétrolières canadiennes et américaines focalisées sur le pétrole de schiste ou des sables bitumineux, les problèmes financiers ont déjà fait des dégâts. Depuis le début de l’année, plus de 30 entreprises ont fait faillite, dont 12 durant les derniers mois. Et le phénomène touche aussi les fonds d’obligations High Yields, qui ont financé le boom de schiste aux USA. En ce mois de décembre, nous avons vu la soudaine fermeture de deux Fonds dont Third Avenue qui a mis la clé sous le paillasson sans rembourser un centime à ses investisseurs et Lucidus Capital Partners, qui a réussi à dédommager ses clients.

La crainte est de voir un mouvement de panique, dont les financiers apeurés par la hausse des risques de défauts, assèchent complètement l’industrie pour les années à venir.

Ce mouvement met certains pays comme le Venezuela, le Brésil, l’Algérie, le Nigeria, la Russie, l’Angola, le Gahna et dans une moindre mesure la Norvège et le Canada dans des situations délicates et instables.

Aux USA, la Réserve Fédérale Américaine a bien augmenté ses taux directeurs de 0.25 à 0.5 justifiant une crainte de l’inflation et elle s’appuie sur les bons chiffres de l’emploi. Mais dans les faits, le terrain contredit cet optimisme. La moyenne des salaires est en forte diminution (de 60 à 50’000$ annuel) alors qu’une partie importante des chômeurs sont sortis artificiellement des statistiques ou retrouvent un emploi moins bien rémunéré. Cette remontée de taux de la FED est à mettre sur la justification de l’injection de 3’500 milliards $ dans l’économie US via le quantitative easing (QE). Si la FED n’avait pas remonté ses taux, elle aura dû concéder que ces milliards n’ont servi à rien.

De plus, les taux d’intérêt à zéro pourcent ont rendu possible l’éclosion du schiste américain. Cette hausse est une mauvaise nouvelle de plus.

 

L’Economie Mondiale devant le balancier de la Déflation et de l’Inflation

Selon les manuels et les théories économiques, la chute du pétrole couplée avec la manipulation des taux bancaires et les interventions massives des Banques Nationales chinoises (650 millions $*), américaines (3,5 trillions $**) et européennes (1,1 trillion euro***) dans les marchés financiers, auraient dû faire émerger une nouvelle croissance. Mais il n’en est rien.

Les Banques Centrales sont clairement dans un terrain inconnu où elles testent de nouveaux remèdes sans en connaître leurs impacts. Dans l’annonce de la hausse des taux, la FED a immédiatement souligné que les corrections seront apportées selon les réactions du malade.

Si le baril continue sa baisse, une courte période de déflation pourrait s’amorcer. Comment réagira une Europe qui parie sur une immigration massive pour activer son PIB, les USA qui viennent de remonter les taux pour faire face à l’inflation ! ou la Russie qui est déjà dans la zone déflationniste.

Mais cette période déflationniste ne pourrait durer que 12 à 24 mois le temps de voir flamber à nouveau flamber les prix du baril et voir le balancier retourner vers l’inflation. Cette équation est un vrai casse-tête.

Que faut-il faire pour réellement stimuler la croissance mondiale ? Faisons-nous face à un deuxième Peak, celui de la croissance?
Les mois à venir apporteront une esquisse de réponse.

*       toujours en cours
**     de 2009 à 2014. Quantitative Easing
***   toujours en cours avec un montant de 60 milliards mensuel pendant 18 mois jusqu’en septembre 2016. Quantitative Easing
**** Peak oil ou pic pétrolier

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