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Pétrole de Schiste: Le début de la Fin?

Depuis le forcing de l'Arabie Saoudite, le baril est passé de 100 à 40$. Déjà à la peine avec un baril au plus haut, l'industrie de schiste américaine, qui nécessite des capitaux importants, est sur le point de s'écrouler. Les milliards de $ déversés par Wall Street avaient permis au Gouvernement Obama d'inventer une illusion d'indépendance énergétique et aux exploitants de schiste d'exister. Aujourd'hui, leurs agences de public relations sont condamnés à annoncer une reprise prochaine des cours pour attirer au mieux des investisseurs affamés ou au pire des fonds vautours.

Mais au fur et à mesure que les contrats de couverture expirent, de plus en plus de pétroliers américains sont pris à la gorge et le paiement des intérêts à la fin décembre éliminera les plus faibles.

Si la FED (Banque Centrale Américaine) n'avait pas supporté ou manipulé, c'est selon, les marchés financiers depuis la crise de 2008, le pétrole de schiste n'aurait économiquement jamais pu émerger. Le tsunami de dollars déversés dans les banques via le Quantitative Easing de la FED et les taux d'intérêts, à la limite du zéro, ont ouvert une autoroute pour le financement des forages à crédit alors qu'aucune rentabilité n'était démontrée. Il fallait se débarrasser de cet argent gratuit et le schiste a englouti des centaines de milliards $ de billets fraichement imprimés.

Mais le vent a tourné et bien que certaines faillites ont déjà eu raison de 24 entreprises, que la production diminue et les emplois disparaissent, les géants du secteur montrent une résilience qui ressemble aux grandes banques "too big to fail".  Le monde du schiste a généré 5'000 milliards $ d’obligations d’entreprises dans se secteur et sa chute pourrait être dangereuse pour le Gouvernement Obama.

Aujourd'hui Bank of America, Wells Fargo, Zion Bancorp, UBS, JPMorgan ont provisionné de 15 à 20% de leurs prêts qui trempent dans le schiste et elles tentent de se débarrasser de leurs prêts pourris. Elles ont poussé les entreprises de schiste, auxquelles elles avaient prêté, à émettre des obligations qu’elles ont ensuite revendues. Finalement avec tout cet argent frais, les entreprises de schiste ont remboursé leurs prêts à leurs banquiers favoris.

Depuis janvier 2015, les vautours de la haute finance, des fonds spéculatifs et de placement privés ont racheté des quantités d’obligations décotées, lâchées par leurs porteurs affolés par la baisse des cours du pétrole. Des fonds ont même emprunté pour racheter ces junk bonds sur le marché secondaire, pensant que les cours du pétrole avaient trouvé leur plancher et qu’ils allaient rebondir. Et ils ont prêté à ces mêmes entreprises mais à des taux encore plus élevés !

Magnetar Capital (14 milliards de dollars de fonds en gestion), Brigade Capital Management (16 milliards de dollars dans le schiste), King Street Capital Management (21 milliards de dollars de fonds en gestion), Phoenix Adviser (1,2 milliard de dollars de fonds en gestion). Même la Banque Nationale Suisse, qui a perdu plus de 1 milliard $ et qui a touché le fond, creuse encore. Tous ces managers attirés par des gains faciles affichent aujourd'hui des résultats rouge sang et c'est tant mieux.

 

Reprise du schiste ou début de la fin ?

Comme la finance a horreur du vide, les fonds vautours ont été remplacé par des fonds requins encore plus incisif. Blackstone a levé 5 milliards $ pour un nouveau fonds de schiste et Carlyle 2,5 milliards $.

"Les prix du pétrole vont se redresser, le fiasco du schiste offre une opportunité d’achat incroyable compte tenu de la bonne tenue de l’économie américaine", annonce fièrement Jeffrey Peskind, le fondateur de Phoenix Capital. L'objectif, s'il y en a un, est de racheter pour une bouchée de pain certains acteurs et les revendre à des ExxonMobil, Chevron ou d'autres acteurs du schiste qui devront se regrouper lorsque le baril repassera les 100$.

Pour l'instant, les grandes banques écoulent sur le marché leurs actions et obligations pourries qu'elles ont soigneusement dissimulées dans des produits d'investissements. Cette probabilité non nulle que les grands acteurs comme l'UBS, Bank of America, JP Morgan sans oublier la Deutsche Bank sont en train d'écouler discrètement leurs stocks doit pousser tous les investisseurs et les particuliers à exiger les noms des entreprises impliquées dans leurs porte-feuilles. Même les plus grands, sensé être hautement professionnel, comme la Banque Nationale Suisse, est tombée dans le piège. Aujourd'hui, la voici noyée sous des milliards d'actifs pourris, elle joue la montre et espère une remontée des cours.

Sur le terrain et très loin des stratégies virtuelles des virtuoses de la finance, le baril stagne dans la zone 40-50$ et bien malin celui qui peut prédire la direction future. La Russie et l'Arabie continuent d'arracher un maximum d'or noire du sol et comblent la baisse de production américaine.

Imaginée, communiquée et fabriquée de toute pièce par le Gouvernement Obama, l'indépendance de schiste "Made in USA" pourrait s'éteindre d'ici à la fin de son règne. Il restera au prochain Président soit d'inventer un nouveau buzz pour allonger une fois de plus le mythe d'une énergie à volonté et bon marché soit de partir en chasse du précieux liquide.

Avec l'éclairage de Simone Wapler

 

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