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Pétrole: Wikileaks pointe du doigt la corruption en Algérie

Wikileaks a dévoilé des câbles diplomatiques américains qui évoquent la généralisation de la corruption dans le secteur pétrolier algérien. Ils s’interrogent également sur le statut de Saïd le frère du président Abdelaziz Bouteflika qui pourrait prétendre à sa succession.

Un des câbles les plus intéressants est attribué à David Pearce, ancien ambassadeur américain à Alger. Il est relatif au système de corruption qui se met en place à la Sonatrach, la plus grosse entreprise algérienne, dont les capitaux sont publics, chargée de l’exploitation pétrolière. La diplomatie américaine s’intéresse aussi à l’influence grandissante de Saïd Bouteflika, le jeune frère du président, au sommet du pouvoir.

Incompétent en matière d’hydrocarbures, le président Abdelaziz Bouteflika se voit obligé d’abandonner sa politique énergique à Chakid Khelil, alors ministre de l’Energie. Celui-ci va tenter de libéraliser le secteur des hydrocarbures mais échoue face aux dinosaures du secteur qui ne veulent pas que la manne leur échappe.

Désillusionné et frustré, le ministre finit lui-même par retourner sa veste et s’installe à la tête du réseau de prévarication qui gangrène l’industrie pétrolière.

Selon les câbles révélés par Wikileaks, il va peu à peu, à partir de 2006, mettre à l’écart les experts compétents pour les remplacer par des hommes qui lui sont dévoués.

Corruption

Résultat, un accroissement de la corruption dans le mastodonte Sonatrach, première entreprise d’Afrique, qui, avec un chiffre d’affaires estimé à 42,8 milliards de dollars pour 2006 produit à elle seule 30% du PNB algérien et emploie plusieurs milliers de personnes.

Cette corruption généralisée mouille même les entreprises internationales, notamment italiennes. Ce sont surtout les sociétés de services et non les entreprises pétrolières elles-mêmes qui sont les plus impliquées. Pour ce faire, elles gonflent à volonté leurs factures et rémunèrent en rétro-commissions les membres de la Sonatrach.

Évincé du gouvernement le 28 mai 2010, Chakid Khelil n’est pas le moins du monde inquiété, selon le quotidien El Watan qui le surnomme « Le bien protégé ».

 

Des élections bien étranges

Un dernier câble intéressant revient sur les conditions de la réélection d’Abdelaziz Bouteflika en 2009. Il y est fait état du taux de participation très bas, entre 25 et 30% des votants. La télévision algérienne ne voit pas les choses de cet œil. Elle filme les centaines d’électeurs faisant la queue devant les bureaux de vote. Pour la diplomatie américaine, il s’agit en réalité d’une mise en scène utilisant des images d’archives. Elle en veut pour preuve l’habillement des électeurs présumés rappelant une saison de froid alors que le climat est tempéré au moment du vote.

Sources: K Adila, Le Nouvel Observateur, Wikileaks

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