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6 CEO s'unissent pour rendre le gaz plus vert que vert

A l’approche du prochain sommet sur le climat de Paris (COP21) début décembre, les compagnies pétrolières cherchent à profiler le gaz pour éviter de fâcheuses conséquences sur leur business model comme l’adoption d’une taxe sur les carburants ou sur les émissions de CO2 au niveau mondial.

Ainsi 6 entreprises : BG Group, BP, Eni, Royal Dutch Shell, Statoil etTotal se sont associés pour affronter en commun cette « nouvelle difficulté ». Manque à l’appel les américains ExxonMobil et Chevron féroces combattants de toutes mesures sur le climat.

Positionner le gaz comme une solution propre

Excellemment bien informées sur les coulisses du prochain sommet sur le climat ou une imposition sur le carbone se dessine, les majors tentent de présenter le gaz comme la solution miracle qui donc être logiquement exemptée et exonérée de toute velléité financière.

En procédant ainsi, les majors cèdent sur le terrain du pétrole (dont l’élasticité de la demande est très faible et donc peu sensible à une taxe), et consolide le gaz qui nécessite de fort investissements, notamment dans les exploitations de schiste.

Dans cette optique, le gaz est présenté comme la solution environnementale idéale d’autant plus que le mot «naturel» y a été appondu pour des raisons de communication. S’il est vrai que le gaz produit moins de CO2 que le charbon, les quantités émises restent tout de même dans la même lignée que le pétrole.

Cependant, lors du processus d’extraction de gaz, d’énorme quantité de méthane sont libérées dans l’atmosphère. Au total, en prenant en compte les émissions de CO2 et de méthane, le gaz «naturel» joue dans la même ligue que le charbon. Mais pour les majors, le méthane a également l’avantage de ne pas être taxé et donc de rester invisible.

La Fronde des américains ExxonMobil et Chevron

C’est en marge du Congrès Mondial du Gaz 2015 (#CMG2015), que les 6 entreprises ont publié des pages entières de publicités dans leur pays respectif pour souligner leur «engagement pour le climat». Cette vaste campagne de relations publiques a pour but de donner une certaine virginité à ces groupes internationaux qui combattent depuis bien longtemps toute idée de réchauffement climatique.

De leurs côtés, moins hypocrites, les américains emmenés par ExxonMobil, et leur COE Rex Wayne Tillerson et et Peter Brabeck (ex-Nestlé) ainsi que le CEO de Chevron, John Watson boudent la démarche des 6 européens. Pour eux, "we take climate change seriously », ils prennent déjà le changement climatique au sérieux.

Tellement au sérieux qu’ExxonMobil et Chevron financent toutes les initiatives qui permettent de dénigrer le réchauffement climatique. Et la formule fonctionne car a moitié des américains réfutent le réchauffement climatique et si les républicains reviennent au pouvoir, les pétroliers auront à nouveau les coudées franches pour revenir au modèle Bush.
Pour enfoncer le clou, lors du Congrès Mondial du Gaz 2015 (#CMG2015), le COE Rex Tilerson a expliqué qu’il ne désire pas investir dans les énergies renouvelables car il n’était pas dans le business pour perdre de l’argent.

 

Le rouleau compresseur est en route

D’ici à la prochaine messe climatique de décembre, les majors vont multiplier les efforts pour éviter tout impact sur leur business alors que leurs produits génèrent la vaste majorité du CO2 et des autres gaz à effet de serre comme le méthane. A grand renfort de communication et de publicité, il est fort probable que leur paris va être gagnant. De plus, comme nous l'avons déjà relaté, le groupe d'experts mandatés par Commission Européenne sur les gaz de schiste est entièrement noyautés par les majors pétrolières signe de l'attaque coordonnées des gaziers.

Leurs alliés sont nombreux, puissants et parfois inattendus. Prenez la BNS. La Banque Nationale Suisse est une fans inconditionnel d’ExxonMobil et de Chevron. N’a-t-elle pas dans son portfolio d’actions plus de 1 milliard $ de ces actions polluantes?

 

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Ci-dessous le message officiel des 6 entreprises:

 

Tribune des six CEO

A l’occasion du Congrès mondial du Gaz se tenant à Paris ces jours, ci et à quelques mois seulement de la conférence sur le climat des Nations Unies qui siègera dans la même ville, nous souhaitons souligner le rôle majeur que le gaz naturel peut jouer pour répondre au défi du changement climatique. Nous sommes convaincus que la mise en place, partout dans le monde, de mécanismes de tarification du carbone est essentielle pour matérialiser les avantages du gaz.

Nous, dirigeants d’entreprise, partageons la même préoccupation face au défi et à la menace que représente le changement climatique. C’est pourquoi nous appelons les États à prendre des mesures ambitieuses lors de la conférence sur le climat. Nous partageons la conviction qu’elles devraient prendre en compte le rôle essentiel que le gaz naturel et la tarification du carbone peuvent jouer pour contribuer à satisfaire de façon plus durable la demande mondiale en énergie.

Les énergies renouvelables sont appelées à jouer un rôle croissant, et nos entreprises ont des investissements importants dans ce domaine. Mais la nécessité de réduire les émissions est pressante, et il nous faut donc explorer toutes les pistes envisageables tout en répondant aux besoins énergétiques d’une population mondiale croissante et qui aspire à de meilleures conditions de vie. Le gaz naturel peut contribuer à résoudre cette équation.

Les chiffres parlent d’eux même: le gaz naturel émet environ deux fois moins de CO2que le charbon lorsqu’utilisés dans la génération électrique. Par sa flexibilité, il permet de lisser les intermittences de production des énergies renouvelables et peut en être le partenaire de choix en attendant que les solutions de stockage de l’électricité produite par le solaire et l’éolien viennent à maturité et soient à l’échelle de l’enjeu. Ces avantages sont renforcés lorsque les émissions liées au gaz naturel sont contrôlées et réduites d’un bout à l’autre de la chaîne de valeur, ce sur quoi nous travaillons activement avec nos pairs.

En nous adressant ainsi aux décideurs politiques à l’approche de la conférence sur le climat, nous ne revendiquons aucun traitement de faveur
– pas même pour le gaz naturel
– ni ne recommandons de solution
unique pour un avenir moins carboné. Nous aspirons plutôt à ce que la conférence sur le climat débouche sur des mécanismes de tarification du carbone s’appliquant dans tous les pays du globe.

L’instauration de mécanismes de tarification du carbone dans chaque pays encouragera toutes les technologies bas carbone. Elle favorisera l’efficacité énergétique alors que l’urbanisation rapide augmente la demande dans nos villes. Elle bénéficiera à tous les secteurs, de la production d’électricité à la mobilité en passant par la production de chaleur et les industries intensives en énergie, ainsi qu’aux énergies renouvelables et au gaz naturel, le moins émissif des combustibles fossiles. Les dynamiques de marché favoriseront les pratiques les plus efficaces et les moins coûteuses pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans chaque pays ou région. La tarification du carbone entraînera naturellement un surcoût pour nos opérations et nos produits, mais un cadre réglementaire mondial, stable et durable donnera à nos entreprises et à leurs nombreuses parties prenantes une visibilité claire pour leurs futurs investissements et un rôle bien défini pour bâtir un avenir plus durable pour notre planète.

Notre position sur la tarification du carbone est exposée en détail dans un courrier que nous avons adressé à la Secrétaire Exécutive de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ainsi qu’au Président de la COP21. Nous devons aux générations futures de relever avec des solutions réalistes et pratiques le défi consistant à répondre à une demande en énergie croissante tout en luttant contre le changement climatique. Nous lançons donc un appel aux États afin qu’ils instaurent les mesures qui inciteront l’ensemble des acteurs à contribuer à un avenir plus durable.
Mr. Helge Lund, Président Directeur Général, BG Group,
Mr. Bob Dudley, Président Directeur Général, BP plc,
Mr. Claudio Descalzi, Président Directeur Général, Eni S.p.A,
Mr. Ben van Beurden, Président Directeur Général, Royal Dutch Shell plc,
Mr. Eldar Saetre, Président Directeur Général, Statoil ASA
Mr. Patrick Pouyanné, Directeur Général, Total S.A

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