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Le Peak Oil est un problème de prix, pas de production

Le 2 novembre, en me rendant à Washington pour parler à l'Association ASPO-USA lors d’une conférence sur l'énergie, j’ai resenti un malaise général au sein du mouvement qui étudie le pic pétrolier.

Les membres ASPO semblent être sur la défensive ces dernier temps car ils ont dû, une fois de plus, reculer la date du pic pétrolier tant redouté. Ils se confrontent à l'industrie pétrolière et à sa capacité de développer de nouvelles technologies d'extractions ou de découvrir de nouvelles sources d'approvisionnements.

Alors que la production conventionnelle a depuis longtemps atteint son pic dans les 48 Etats américains (comme l’avait prédit le géophysicien M. King Hubbert le père du mouvement du pic pétrolier) de nouvelles sources d'approvisionnement ont été découvertes en Alaska et dans le Golfe du Mexique. De plus, la production de sables bitumineux de l'Alberta et le pétrole de schiste de Bakken pourraient bientôt remplacer le pétrole classique dans le mix des carburants américains.

 

Différentes sortes de "Pétrole"

Notre définition de pétrole a tellement changé que le Département Américain de l'Energie ne fait plus référence au "pétrole" mais plutôt à « des liquides énergétiques ». Ce terme comprend toutes les sortes de sources d'énergie que nous n'aurions, par le passé, pas osé appeler pétrole tel le gaz liquide, le gaz de raffinerie liquéfié et même l'éthanol du maïs.

 

Le Pic Pétrolier est un problème de Prix

Mais le pic pétrolier ne se pose pas en terme de production mais en terme de demande. Ce concept est plus en relation avec l'économie que la géologie. Qu’importe si il y a des milliards de barils de pétrole qui attendent d'être exploités à partir des sables bitumineux ou des schistes bitumineux si le prix pour les extraire et les payer sont en delà de la capacité financière de nos économies.

Le Peak oil sera déterminé par notre capacité à pouvoir payer des prix continuellement à la hausse et non pas par la marge financière que ces prix génèrent même s’ils permettent de trouver de nouvelles sources pétrolières.

La tâche de l'industrie pétrolière n'est pas de simplement trouver de nouvelles sources de carburant, mais de trouver du pétrole que nos économies peuvent se permettre d’acheter et de consommer. Alors que l'industrie pétrolière présente un dossier impressionnant sur le premier point, son palmarès est bien moins impressionnant sur le second.

Il a fallu des hausses successives des prix pour obtenir le actuel tarif du baril. Le prix du Brent, la référence utilisée pour la plupart du pétrole négocié sur les marchés mondiaux, se négocie dans la zone des trois chiffres (100$) depuis le début de cette année 2011.

Peut-être, est-ce une raison pour laquelle notre économie mondiale semble être à l’orée d'une nouvelle récession? Mais s'il n'y a pas une croissance de nos économies, la production de pétrole ne croitra pas non plus.

Certaines personnes pourraient appeler cela un pic pétrolier. D'autres pourraient dire que nous sommes tout simplement à court de pétrole que nous pouvons nous permettre de consommer.

Ecrit, en anglais, par Jeff Rubin
Traduction par Laurent Horvath, 2000Watts.org. Avec l'autorisation de Jeff Rubin  (Le Blog de Jeff Rubin et la version anglaise ici)

Retrouvez tous les jeudis la Chronique de Jeff Rubin sur 2000Watts.org

 

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