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Pour l’instant, ne comptez pas encore sur le pétrole libyen

Jeff Rubin - Avec l'effondrement soudain du régime de Kadhafi à Tripoli, l'industrie pétrolière espère réparer assez de terminaux, de stations de pompage et de canalisations afin de produire au moins un million de barils par jour de pétrole libyen dans les 6 à 12 prochains mois.

Mais comme je l'avais déjà écrit précédemment dans ce blog, un changement de régime au Moyen-Orient a rarement aidé à produire plus d’énergies.

Suite au printemps arabe, pour prendre un exemple récent, il suffit de demander aux Israéliens où aux Jordaniens quant à leur approvisionnement en gaz naturel. Israël et la Jordanie avaient l’habitude d’obtenir de l’Egypte respectivement 40% et 80% de leur gaz naturel via un pipeline qui relie El-Arish, en Egypte à Ashkelon, en Israël, et se termine en Jordanie. Ce fut le cas jusqu'à ce que l'homme fort égyptien Hosni Moubarak soit renversé. Il n'a pas fallu bien longtemps avant que le pipeline et des stations de pompage soient maintes fois détruits, ce qui aurait été impensable sous le régime de Moubarak.

Inutile de dire que le pipeline, qui a ouvert en 2008 suite à un accord de 20 ans avec l'Egypte et signé en 2005 pour alimenter Israël en gaz naturel, n'est pas exactement vu d’un bon œil par la rue arabe. Des rumeurs circulent sur les gains secrets réalisés par la famille Moubarak avec cet accord.
Dans l'Egypte de Moubarak, ce n'était pas important si la grande majorité des Egyptiens étaient opposés à la vente de gaz naturel à Israël, pas plus que d’autres sujets d'importance d’ailleurs.

Mais la rupture d'approvisionnement peut avoir des conséquences imprévues. D'une part, elle stimule Israël, qui a toujours manqué de ressources en hydrocarbures propres, afin de développer le plus rapidement possible son champ géant de gaz naturel, le Léviathan, ainsi que d'autres champs de gaz récemment découverts dans la Méditerranée. Ainsi, la grande gagnante est l'industrie de l'énergie Israélienne.

L'impact sur la Jordanie, un voisin arabe et allié historique, peut-être encore plus problématique pour l'Egypte. La perte d'approvisionnement en gaz naturel égyptien peut conduire la Jordanie dans les bras patient de l'Iran, qui a offert de façon opportuniste, de remplacer l'Egypte en tant que fournisseur du pays en gaz naturel. Comme c'est le cas ailleurs dans le monde, les liens énergétiques en général créent des liens politiques. Ici le grand gagnant, à la fois commercialement et politiquement, sera l'Iran.

Les égyptiens, bien sûr, ont le droit de vendre leur gaz naturel à qui ils veulent.

Les consommateurs de pétrole occidentaux pourraient vouloir considérer ce qui s'est passé avec le gaz naturel égyptien de l'après-Moubarak avant de compter sur le million de barils par jour de la Libye.

Donner aux citoyens leur un mot à dire dans la gestion des hydrocarbures de leur pays ne signifie pas qu'ils choisiront nécessairement de vous exporter plus de leur carburant.

Ecrit, en anglais, par Jeff Rubin
Traduction par Laurent Horvath, 2000Watts.org. Avec l'autorisation de Jeff Rubin  (Le Blog de Jeff Rubin et la version anglaise ici)

Retrouvez tous les jeudis la Chronique de Jeff Rubin sur 2000Watts.org

 

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